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 facile est la descente aux enfers (whea)

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MessageSujet: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 15:13





WHEA KOM AZGEDA



prénom : Whea, prononcé en un seul souffle. Assez court pour être chuchoté durant l'agonie de ses némésis. âge : Elle a vu défiler vingt-huit longs hivers dans les hauts sommets d'Azgeda, sa terre promise. Whea ne s'inquiète pas du temps qui passe, du moins pas tant que son corps n'en souffre les effets. clan : Azgeda, quelle question. Evidemment, son apparence générale a tendance à suggérer autre chose.  rôle dans le clan : Aussi ironique que cela puisse paraître, Whea forge l'une des meilleures épées de la région. A l'affût, elle a mis la main sur le commerce de son père en écartant sa mère. Jouissant d'une certaine notoriété, elle flatte les cœurs cabossés des plus grands guerriers qui se plient en quatre pour profiter de ses talents. Grâce à son mariage de désamour, elle fait également parti de la cour royale. situation amoureuse : Mariée, à un grand guerrier qu'elle manipule depuis la tendre adolescence. Un mariage sans passion et sans enfant. orientation sexuelle :Épineuse et féline qu'elle se montre pour les hommes qui ont l'honneur de partager sa couche. Pour être honnête; Whea n'a jamais été bénie du sentiment amoureux, du frisson de l'affection sans bornes portée à un autre. armes de prédilection : Aucune arme de corps à corps : Whea n'a aucun talent pour le combat. A la sueur des affrontements, elle préférera le poison et un homme de main payé à la sauvette. particularité : Sa stérilité, tare infâme qu'elle n'a toujours pas su dépasser et qui lui cause bien des déboires avatar : Hannah John-Kamen


Anecdotes


Née lors d'une nuit de tempête, son obstination à voir le jour dans de telles circonstances a failli coûter la vie à sa mère, alors maîtresse d'un marchand d'armes et de fourrures.  • La brune s'est prise de passion pour l'art élitiste de la poésie lorsqu'elle avait quatorze ans. Elle se plaît à parler en rimes, en alexandrins, à murmurer des écrans de fumée qui ne font en général qu'agacer ses interlocuteurs les moins réceptifs. • Aux paroles égayées de quelques expressions arrogantes, se mêlent l'art de la rhétorique, de la manipulation et de la négociation. Ses mots sont du miel, sa langue acérée un piège pour âmes naïves. • La famille de Whea semble frappée d'une malédiction :  nombreuses furent les branches pourries de l’arbre généalogique qui, lors d'un jour malheureux, ont commencé à manifester des troubles moteurs et intellectuels inhabituels pour des personnes relativement jeunes et en bonne santé. N'importe quel médecin du XXIème siècle aurait aisément identifié la maladie de Huntington, mais bien entendu, Whea n'a aucun moyen de le savoir. • Si Whea connaît les caractéristiques d'Azgeda comme sa poche, elle aussi relativement érudite en ce qui concerne la faune et flore des autres clans.  •  La brune possède un lourd collier de fer blanc qui ne quitte jamais le creux de sa gorge. Les plus superstitieux racontent qu'il renferme un pouvoir divin, offert par les Dieux. En réalité, le cœur du bijou cache un fiole d'acide qui brûlera la gorge du malheureux qui sera condamné à le boire.• Les seules personnes au courant de sa stérilité sont sa sœur et le druide qu'elle a consulté étant adolescente .• Whea n'a jamais tué personne, du moins pas directement. • La forgeronne ne croit guère en la volonté intransigeante des Dieux et n'a cure de les défier en crachant sur leurs prédictions. Néanmoins, dans un souci de tranquillité, elle mime la dévotion aux géants sacrés sous les yeux perçants de son noble entourage. • Paranoïaque, elle a récemment demandé à son frère Vukan de la rejoindre à Mekiwah. Officiellement, il s'occupe de démarcher de nouveaux guerriers à qui vendre des épées, mais officieusement, il est ici dans le but de la protéger. • La paix dictée par Isara ne l'arrange que trop peu; elle commence à craindre pour sa famille, qui survit grâce à la guerre depuis des décennies. Inutile de préciser que tous ces enfants qui tombent subitement du ciel en flammes, Whea s'en frotte les mains.


Caractère


prudente • méticuleuse • acharnée • charismatique • vive d'esprit • lâche • souvent obtus lorsque les choses ne vont pas dans son sens • déloyale • faible physiquement • rancunière • mielleuse.


Histoire



Spoiler:
 

2140 – (( BÉNIE SOIT LA FILLE )) Keshi avait déjà trois enfants ; Ordo, l'aîné, son préféré – ne le dîtes pas à son père -, un futur guerrier au cœur tendre et cœur vorace, si glouton que sa gentillesse et sa naïveté ne laissaient guère de place à la mécanique de son esprit, écrasée par ce petit corps qui écoutait bien plus son instinct que sa raison ; Vukan, un enfant solitaire, qui causait aux Dieux comme s'ils étaient ses frères et qui combinait alors maturité, piété et un incroyable talent de lutteur. Enfin, Edra, sa seule fille, qui venait à peine de s'émanciper de son sein. Elle parlait à peine, mais Keshi le savait, ce sont ses tripes qui le lui disaient, que cette gamine était promise à un grand destin. Et coup du sort, alors qu'elle s’avançait paisiblement vers ses trente-cinq ans - chacun sait qu'une grossesse tardive est presque une condamnation à une mort sanglante dans ces terres blanches - , une dernière petite âme sembla vouloir fleurir dans son corps; Keshi eût aussitôt un mauvais pré-sentiment concernant cet enfant; elle n'était qu'une fourmi mais réclamait constamment de l'attention; elle frappait son ventre de ses petits pieds à peine formés ; la laissait affamée, assoiffée, hagarde lorsqu'elle parvenait enfin à s'endormir. Elle lui provoquait des rêves terribles ; la sorcière du coin lui murmura, ses yeux sanglants exorbitées, qu'elle donnera naissance à une diablesse.

2146 – (( PETIT ETRE )) Enfant curieuse et vivace, observée sans cesse du coin de l’œil par sa génitrice, méfiante et avare de tendresse, Whea se construisit sous l'aile de son père, un homme à la peau brune qui se confondait avec les cuirs qu'il portait pour se protéger du froid tout en facilitant ses mouvements. Elle se cachait pour le regarder travailler dans sa forge, enfer d'acier où les températures avoisinaient les cinquante-cinq degrés ; un pur délice après avoir couru toute la journée avec ses frères dans les froides plaines qui entourent Mekiwah. Whea n'avait pas peur des chuchotements de l’obscurité et encore moins des visages déformés que dessinaient les flammes dans la nuit. Oh, non, la gamine n'avait pas peur du noir. Elle avait bien plus peur de sa mère et de ses yeux hagards, qui la dévisageaient alors qu'elle faisait semblant de dormir, le corps raidi par l'appréhension et les oreilles bourdonnantes de sa haine muette. 

Sa sœur Edra ne l'aimait pas non plus. Whea ne savait pas pourquoi; comment peut-on rejeter sa chair, son sang, son alliée promise et pour la vie ? Quel était le sortilège malfaisant auquel son aînée était malencontreusement soumise ? Elle ne comprenait pas et pourtant, l'enfant comprenait nombre de choses. Quand personne n'était à ses côtés, Whea se tournait vers Adruina et la suppliait de lui expliquer pourquoi sa sœur, cette traîtresse, ne daignait pas lui accorder un peu d'amour. Sellées demeuraient, et ce jusqu'à ce jour,  les lèvres éparses de l'entité divine. Heureusement, elle pouvait compter sur ses frères. Certes, Vukan semblait toujours la surveiller du coin de l’œil, mais Ordo, l'idiot, lui mangeait dans la main. Il ne vivait que pour ses yeux translucides et son petit rire chantant lorsqu'il parvenait à la distraire de ses peines.  Mais l'affection que lui portaient les hommes de sa famille ne semblaient pas émouvoir les deux nymphes matriarches.

En plus de l'ignorer, les Dieux semblaient la détester. Un après-midi d'été, alors qu'elle jouait innocemment avec ses frères, elle croisa la route d'un louveteau. Intriguée et prise de courts par ses jappements effrénés, elle décida - stupidement- de le suivre, convaincue qu'il s'agissait d'une personnification d'Adruina, venue sur terre pour lui indiquer, pleine de grâce, le chemin. Bien évidemment, elle perdit bien rapidement sa trace et se retrouva à errer dans un cimetière d'arbres décapitées, nus et croulants. Quel vision terrifiante ce fût, cet enchevêtrement de spectres épineux, fils abandonnés de Mère Nature !  L'enfant de six ans fondit en larmes – qui la retenait, après tout ? -, à genoux dans la neige, mordorée sous le crépuscule qui s'abattait sur elle comme une mise à mort sans pitié. Cette nuit là, elle joua à cache-cache avec la mort, banshee sur son beau cheval blanc, qui la poursuivait sous les étoiles qui fleurissaient la voile funèbre au dessus de sa tête. Elle voyait le visage du diable, rond et blanc, à chaque fois qu'elle osait détourner son regard du sol; à la merci de la nuit, elle courrait pour sa jeune vie. Main dans la main avec la peur, elle ne vit le piège à ours arriver que lorsqu'elle chuta dedans; cinq mètres sous le ciel noir, la jambe droite éparpillée en des dizaines de petits morceaux d'ivoire.

2146 - 2149 - (( ODJIWA )) Whea avait passé cinq jours dans le trou avant d'être trouvée par le chasseur qui avait creusé le piège en premier lieu. Paniquée, lorsque ce grand homme aux mains calleuses l'avait prise dans ses bras, elle lui avait craché au visage. Sa salive brillait encore sur ses cernes lorsqu'il l'avait giflée, la menaçant de la laisser là où il l'avait secourue. Il l'avait portée durant des heures, certes de manière malhabile, mais aussi tendrement qu'il ne pouvait le faire. War était un homme robuste et grognon, mais il n'avait aucunement le cœur à malmener une poupée de chiffon sans aucune force, aussi insolente fut-elle. Il l'avait ramenée à son père, espérant pouvoir un jour lui revendre ses fourrures, qui restaient d'une qualité médiocre comparé à ce que des chasseurs plus expérimentés pouvaient offrir. Une fois Whea dans les bras brûlants de son paternel, celui-ci chassa War de son atelier sans aucune forme de procès. Con arrogant, ai will kill yu , voilà ce que s'était dit le chasseur, qui avait fini défiguré par l'ours qui aurait du tomber dans le trou où avait agonisé la jeune survivante.

Sa jambe était brisée, quasiment impossible à réparer avec la médecine maîtrisée par les Azgeda. Sa mère sauta sur l'occasion et d'une voix gutturale, asséna qu'il fallait abandonner l'enfant, voire même la sacrifier aux dieux - oui, l’égorger, laisser son sang couler avant qu'il ne devienne trop perverti, noirci, pourri, c'était encore mieux -; Ordo répétait bêtement qu'Avis, son compagnon de chasse, s'était brisé le poignet il y a quelques années et était tout de même "un bon archer"; Vukan, quant à lui, croyait fermement que le retour de sa sœur, brisée mais vivante, était une indication des Dieux à ne pas prendre à la légère. Ce jour-là, Whea les détesta tous.
Son père décida de l'envoyer se reposer à Odjiwa, chez sa tante, guérisseuse. Quelle idiotie. Trois ans de solitude, à être la pestiférée, moquée par les autres gosses du villages car sa jambe était tordue, inutile. Elle boitait tellement que sa tante avait fini par lui fabriquer une attelle en frêne, dont le mécanisme parvenait habilement à dissimuler les tressautements de sa patte folle.
Whea détestait Odjiwa, cet hameau blanc, constellation d'esprits étriqués et de futurs bourrins, fils de cadavres et petits-fils de chair à canon. Elle n'y est plus jamais retournée.

2151 - (( FER ET ACIER )) Ce fut une jeune adolescente qui foula le sol de la cité glacée pour la première fois depuis trois ans. Une jambe traînante, les joues affinées, un regard volontaire. Whea était morte, vive Whea. Cette année là, Vukan et Ordo partirent enterrer les hommes qui vivaient, cachés tels des rats, dans la Montagne. Pour Whea et les autres enfants d'Azgeda, ils n'étaient que des contes, des ombres destinées à leur faire peur, le soir, lorsqu'ils avaient osé désobéir à leurs parents tout-puissants. La brune se retrouva alors seule avec sa mère et sa sœur. Conscient de son mal-être, son père l'initia à l'art de la forge. En quelques mois, des callosités, des brûlures et des cicatrices se dessinèrent, ensanglantées, sur ses mains d'enfants. Plus jamais ses doigts ne furent froids. Whea oublia la solitude, oublia sa jambe. Il n'y avait que le fer, bleuté avant l'incendie. "Que valent des jambes face à des mains sacrées ? " la questionna son père, durant un pâle crépuscule. Son ton était placide, comme s'il lui posait une énigme, une devinette ridicule à laquelle elle devait répondre, à tout prix.   

2153 - (( LIAISONS DANGEREUSES )) Pour la première fois, des mains d'homme touchèrent son corps sans artifices, la forçant à s'immerger dans le lac translucide. Sa peau ensablée brillait sous les eaux et ses cheveux dansaient avec les nénuphars, étoffe de velours noir qui flattait son visage de cire. On lui avait demandé de faire le vide dans son esprit, ce qu'elle s'efforçait de faire, bien que distraite par les petits poissons qui mordillaient ses pieds et par les clapotis réguliers causés par les mouvements des âmes bénites, réceptacles des Dieux, qui s'affairaient autour des jeunes filles comme des rapaces autour d'une carcasse encore tiède.
Une fois propre, on lui avait peint le visage d'une couleur alpestre et on lui avait rappelé qu'elle ne devait plus laisser échapper un mot jusqu'à la cérémonie. Whea s'était retenue de rouler des yeux; elle était devenue adulte le jour où, son père bien-aimé, honteux de la faiblesse de sa fille, ne l'avait envoyée se cacher à Odjiwa.
Rester immobile dans la réflexion et l'auto-contemplation lui est insupportable. Le cataplasme qui révèle les irrégularités de sa peau d'adolescente tire violemment sur sa peau - que l'on lui arrache, par pitié - et ses genoux se font fondus avec le granit sur lequel elle était agenouillée depuis des heures. Mais le problème était ailleurs. Qu'est-ce qu'était qu'un nom ? Fallait-il qu'il soit illustre, noble, ou humble ? Un patronyme trop présomptueux allait-il provoquer la furie des Dieux ?

Lorsqu'on la présenta à sa mère, elle crut voir un démon vengeur, prêt à lui infliger le destin qui avait failli la rattraper il y avait six ans, dans une forêt de solitude. Sans son attelle, elle se sentait plus nue que si elle s'était tenue dans son plus simple appareil devant l'ensemble de la cour royale. La honte qu'elle ressentait en réalisant le temps qu'elle prenait pour avancer la brûlait comme la morsure d'un loup enragé. La honte n'était qu'un chemin escarpé que l'on choisissait de prendre, après tout. Et malgré son air fier, Whea avait mis les pieds en plein dedans, se rendait-elle compte, alors qu'elle boitait, le visage inexpressif, vers le couteau, parcouru d'ombres et de flammes.
En entendant un loup hurler au loin, la fleur sut alors quel nom elle emporterait au ciel, lorsque la grande nuit tomberait sur ses jours écroulés.

2155 - (( NID DE VIPÈRES )) A ses quinze ans, Whea kom Azgeda rencontra l'homme qui allait bouleverser sa vie. Son père commençait déjà à parler d'union et de descendants, mais Whea savait qu'elle ne pourrait pas exaucer son vœu le plus cher; d'enfanter, elle se montrerait incapable. Ses règles inexistantes le prouvaient. Son handicap en avait fait une paria; Whea avait peu d'amies et peu d'alliés. Elle passait tout son temps libre à étudier la botanique, la médecine et la thanatopraxie. Les causes de son infertilité lui étant inconnues, elle avait encore le fol espoir que celle-ci ne fut que temporaire. Elle avait tenté des traitements désespérés et idiots : des cataplasmes à base de graines de moutarde en cas que son utérus ne soit nécrosé; des tisanes à base de pollen de palmier, qu'elle avait acheté à un marchand venu de Fayakru.

Lorsqu'elle sut faire preuve de courage et alla voir un druide, celui-ci lui déclara qu'elle serait infertile à vie et qu'elle prendrait soin de la progéniture d'une autre, volée de force. Avec le recul, elle sourit parfois en se rappelant à quel point la monstruosité de l'affirmation l'avait outrée. Il lui parla aussi d'amour et Whea, gamine effarouchée, eut envie de lui cracher dessus. On ne la verrait pas se donner aux idiots qu'elle fréquentait à Mekiwah. Elle était trop fière pour cela. Le druide raconta les affres d'un grand guerrier, qui lui donnerait sa vie et son âme, alors qu'elle même ne lui donnerait que les reste de ce qu'elle avait déjà dévoré; elle l'aimerait, mais d'un amour mortuaire et jaloux qui ne laisserait place au bonheur pur. Il serait beau et digne, son compagnon pour la vie. Bien malgré elle, son cœur, rouage moléculaire rouillé d'un corps déchiré, se mit à battre au ralenti.

Lorsqu'elle croisa le regard à ciel ouvert d'Eshan Kom Azgeda, ce fut... animal. Au loin, elle reconnaissait sans problème le bruit de la ferraille qui s'entrechoque violemment; bien moins familiers étaient les râles des hommes à bout de souffle et l'odeur de sueur et de sang qui se dégageaient éhontément de la cour qui faisait la devanture de la taverne de l'ami de la famille, Shopa. Curieuse, elle s'approcha. Elle avait rendez-vous avec Neelam, l'un de ses seuls amis, mais celui-ci était patient et pouvait dessiner dans la neige des heures durant. Néanmoins, il était un esprit bien plus complexe que nul aurait pu deviner. Oui, Neelam attendrait définitivement, décida t-elle, un rictus déformant son visage encore enfantin, alors qu'elle dévisageait discrètement les hommes en train de se battre. La jeune Whea ignorait si la rixe était sérieuse et si le combat allait se solder par un massacre ou s'il ne s'agissait que d'une bagarre enfantine entre deux soldats, mais elle ne pouvait détacher son regard affamé du grand blond qui tournait gracieusement autour de son adversaire, bien trop vite pour que celui-ci ne puisse espérer l'effleurer, même avec l'aide bienveillante de tous les Dieux de leur panthéon. Le blond du sentir la lave couler sensuellement sur son dos, plus large qu'un chêne, car il se retourna, tout en parant avec habilité une attaque désespérée de son adversaire.

Oh, Whea ne connaissait peut-être pas grand chose à la séduction, mais elle n'était pas idiote. Elle avait entendu parler du fils prodigue d'un noble du coin, de retour après avoir tenu en respect une bande de rebelle au sud du territoire. La soie presque impeccable qui enserrait son torse ne mentait pas; cet homme portait la richesse et le succès en guise d'étendard. Elle se lécherait bien la lèvre, mais il la fixait depuis quelques secondes, tout en humiliant son adversaire, qui ne faisait décidément pas le poids. Et un grand guerrier, en plus de ça. Whea était affamée et il était temps de dévorer ce qu'on lui offrait sur un plateau d'argent.

Une fois l'affrontement terminé, Whea se rendit aux côtés du blond, cachant tant bien que de mal son boitement. " Quel beau combat... On dirait bien que Cerunnos vous a sous son aile." Elle avait beau se sentir ridicule - cela faisait des mois qu'elle n'avait pas vraiment pensé aux Dieux -, cela semblait plaire au jeune homme qui se pencha vers elle, la dominant de sa stature de marbre. " Néanmoins... une épée aussi... vulgaire ne vous fait pas honneur." Elle s'empara de l'arme sans prévenir. " Vous voyez, là ? Une fêlure ?" Les lèvres pleines, amusées, s'entrouvrirent, prêtes à rétorquer. Whea n'allait pas leur en laisser l'occasion. " Ne dîtes rien, je vous propose quelque chose. Un guerrier tel que vous ne peut se permettre d'avoir une épée brisée. Je vais vous en forger une. Venez d'ici quelques jours. " Elle se retourna et commença à rebrousser chemin, impatiente de raconter sa matinée à Neelam, mais la voix de l'étranger, jusque là une mélodie mystérieuse, résonna à ses oreilles, portée par le silence tumultueux de la foule encore hébétée. " Je ne vous connais même pas ! Comment suis-je sensé vous retrouver ?" Whea agita la main. "Demandez le serpent qui boite."

Neelam l'attendait au détour de la rivière; il faisait les cent pas comme un pantin fou, sans maître ni logique, sa grande silhouette frétillante comme si des millions de vipères avaient osé construire leurs nids sous la chair tendre et la peau rosée. "Tu es devenu complètement fou, Neelam ?" Certes, il était de nature nerveuse, voire hystérique, mais de là à faire fuir les oiseaux qui venaient se désaltérer au dessus du faible cours d'eau... Arrêt sur image; Neelam se figea et l'espace d'un instant, Whea crut voir la caresse de la folie pure s'éterniser sur son élégante figure. "Toujours en retard lorsqu'on a réellement besoin de toi." siffla t-il d'un air faussement accusateur. " J'avais pas moyen de savoir que la conversation serait réellement intéressante, cette fois-ci." rispota t-elle. Whea était lasse d'entendre Neelam déblatérer sur son éventuelle future fiancée. " Oh, je t'en prie." Il plissa les lèvres une fraction de seconde, puis son regard d'illumina, comme deux billes opaques frappées soudainement par un timide rayon de soleil. "Toi, il t'est arrivé quelque chose."

Après que Whea lui eu résumé la situation de manière froide et méthodique, à des lieux de l'excitation qu'elle avait eu si honte de ressentir quelques instants auparavant, Neelam cligna des yeux quelques secondes, puis, le salaud, osa éclater de rire. " Bouahahahahahahaaha !!!" Le rire de Neelam était comparable à un mélange entre un vomissement et le caquètement des perdrix au petit matin. C'était dans ces moments là que Whea était bel et bien heureuse de n'avoir quasiment aucun humour. " Shof Op, Neelam." De sa tête, elle ne voyait plus que ses cheveux courts en ailes de corbeau; il leva les mains comme pour indiquer, c'est bon, j'me rends. " Excuse-moi, mon amie. Chil au. C'est juste que... enfin, tu n'as aucune chance. " " Et pourquoi donc, mon ami ? Je suis trop boiteuse à ton goût ? " Neelam ne rétorqua rien, pris d'un doute malsain concernant les véritables intentions de Whea concernant ce fameux jeune homme. " Qui te dit que je n'ai pas juste envie de... forger son épée ?" Neelam haussa des épaules d'une manière qui se voulait désinvolte, mais ses muscles électriques semblaient vouloir se détacher à tout instant de son corps frivole, comme des pieuvres osseuses et élastiques. "Il est fiancé. Non pas que ça t'arrêtera. " Une difficulté supplémentaire. Fantastique. Les hommes étaient si ennuyeux quand ils n'avaient pas de femmes à leurs côtés.

Quelques jours plus tard

"Bonjour." Elle ne releva point les iris du sol en terre battue, humble et pieuse qu'elle était. La mise en scène était réussie : autour d'elle, le brasier était doucement en train de s'éteindre, laissant place à un air tiède et bienvenue en cette rude journée dans les territoires immaculés où seuls les plus forts survivaient; l'épée qu'elle avait achevée, dans la sueur et son sang, bien entendu, trônait, comme un diamant précieux, en plein milieu de la pièce. Au fond de l'atelier, là où Whea s'était agenouillée, se trouvait un autel sobre et sans fioritures, en l'honneur d'Adruina, la louve qui, selon les contes qui nourrissaient les racines gelées de sa famille, les protégeait depuis des années. Cependant, Whea ne pensait à aucune déesse en ce moment précis. Elle ne répondit pas tout de suite, prenant le temps de se relever, comme un roseau qui se déplie prudemment après un cyclone et éteignit l'encens qui nimbait son lieu de prière d'une senteur moite, celle du musc et des mûres qui poussaient de manière éparse lorsque l'hiver daignait torturer d'autres territoires. " Excusez-moi. Bien loin de moi l'envie de vous laisser attendre... Mais il fallait absolument que je finisse cette prière." L'adolescente marqua une pause, comme si elle cherchait ses mots dans un bric à brac de formules ampoulées. " Chaque arme doit être bénie par Adruina, la patronne de notre famille. C'est la tradition. Mon père y tient énormément. Et moi d'autant plus... Après tout, elle vous est destinée." Dans l'intimité, son étranger semblait bien plus effacé que lorsqu'il se battait pour son honneur; tant mieux. Son ego était bien trop imposant pour partager l'espace avec un autre esprit arrogant. "Je n'ai pas eu de mal à vous trouver... On raconte pas mal de choses sur vous. Mais je pense que leurs bouches sont juste jalouses."  Son beau visage se figea, comme si le sculpteur céleste qui s'affairait à graver chacune de ses micro-expressions souffrait d'une soudaine panne d'inspiration. "Merci pour l'épée. Vous... Tu n'y étais pas obligée, " se corrigea t-il avec une risette charmante. " Elle m'a l'air magnifique. " Whea était tout aussi flattée par le tutoiement soudain que par le compliment, qui ruisselait sur elle comme du miel.

Vu l'attitude chaleureuse du noble, il n'était pas là que pour récupérer son épée. " Je suis ravie qu'elle te plaise. Le contraire m'aurait chagrinée. Voire même déshonorée, " chuchota-elle d'un air douceâtre, tout en s'approchant à pas de louve brisée, l'épée de fer blanc présentée sur ses paumes retournées. " Les gens sont jaloux par ici. Ils se plaisent à colporter des rumeurs... sur moi et sur ma famille." Une ombre s'installa entre ses sourcils plissés. " Ils sont jaloux... Car les Dieux ne les choisiront jamais. Mais nous, nous sommes bénis." Le blond laissa échapper un ricanement et secoua la tête. " Présomptueuse, n'est-ce pas ?" Whea creusa sa nuque pour entrapercevoir le creux de ses cils, comme si elle était trop timide pour le regarder droit dans les yeux. " Les faits sont les faits. Pourquoi les nier ? Mon père et moi... nos mains sont de l'or... Il ne s'en rend pas compte, c'est tout." Elle se tut un instant, faussement pensive. " Nous n'avons pas été correctement présentés. Ai laik Whea. " Son futur mari se saisit avec délicatesse de l'épée et rétorqua d'un ton solennel, empreint d'une gravité dont la jeune femme manquait encore, mais qu'elle serait bien forcée d'apprivoiser, tôt ou tard : " Ai laik Eshan."

Mois d'avril à juillet

Dans la terne sépulcre que formait leur four, était coulé un magnifique collier de fer blanc. Une pièce brillante mais discrète, qui logerait au creux de sa creux de gorge de jeune fille, comme une supplique à l'enlever pour y laisser une blessure bleutée.  "Un bijou ? Cela te change, Hainofi." Whea détourna son regard des bulles qui explosaient régulièrement à la surface agitée du métal fondu. " Je sais bien, Noni. " Hésitante, les mots tanguèrent autour de sa langue d'or. Son père était son confident, certes et il semblait avoir abandonné l'espoir que quelqu'un veuille marier sa drôle de mioche. " J'ai... comme qui dirait un homme en vue. " Son père, qui commençait à se faire tremblant, joignit alors ses deux mains, comme s'il priait. " Oh, c'est fantastique. Je commençais à perdre espoir... Tiens ! " Il lui tendit quelques pièces d'argent. " Va donc t'acheter une belle étoffe. Il ne faudrait pas qu'une autre ne te le vole, n'est-ce pas ! Oh, je suis sûr que les Dieux..." Au vue de son air ravi, Whea n'osa pas lui dire que la voleuse de cœurs battants, dans l'histoire, c'était elle.

" Tu as un talent incroyable pour les histoires, ma belle Whea. Eshan et Whea étaient paresseusement allongés sous l'ombre d'un pin qui chatouillait les rares nuages de ses branches émaciées. Sous la bénédiction de l'aube, leurs corps étaient entrelacés, recouverts d'une fourrure que Eshan disait avoir arraché lui-même d'une pauvre bête encore vivante. Whea n'y croyait pas une seule seconde. Contrairement à elle, Eshan ne pouvait pas comprendre la magie des mots, ni celle de l'imagination. " Tu es bien moins ennuyeuse que Magda." reprit Eshan, qui avait glissé une de ses pattes gigantesques dans ses cheveux crépus. La brune tendit l'oreille, avide. Voilà qui l'intéressait. " J'ai remarqué que vos fiançailles traînaient en longueur." Eshan parût gêné. "Oui... ma mère semble hésitante à me laisser me marier avec elle. Même les druides n'y voient pas clair, tu sais. " Whea ne savait pas vraiment qui elle devait remercier, mais les soudains bavardages d'Eshan se révélaient être du pain béni. "Elle devrait rencontrer Vukan, mon frère. C'est un excellent conseiller spirituel. Les Dieux lui ont offert une immense sagesse en échange des victoires qu'il a remportées en leur honneur. Je ne voudrais point blasphémer... Mais il est même plus clairvoyant que certains druides de profession."

" Sis, je pourrais savoir pourquoi une noble que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam m'a convié à un banquet ? " Bien qu'occupée à polir le manche d'une hache, elle prit le temps de lentement tourner la tête et de rencontrer le regard menaçant de son frère, harnaché dans ses cuirs et ses fourrures. Il était toujours si sévère, si... formel. " Voilà qui est fantastique, Bro ! Cela te sortira de tes habitudes si brutes... Peut-être est-ce là une occasion offerte par les Dieux pour te trouver une femme !" Son excitation était parfaitement mesurée et devait résonner aux oreilles de son frère comme une mélodie insipide : lui comme elle savaient. " Oh, je sais. Tu viens me voir car tu as besoin de quelqu'un pour t'accompagner. Je suis absolument réjouie que tu sois venue me voir moi plutôt qu'Edra. Elle est charmante, mais..." Vukan se racla la gorge, ce qui suffit à la faire taire. Elle cacha son agacement. Ordo avait toujours été plus simple à manipuler, mais ici, Ordo ne lui était d'aucune utilité. " Je ne t'ai encore rien demandé. Je ne sais pas quel genre d'intrigue tarabiscotée tu es en train de fomenter, mais laisse-moi te dire une chose, Whea... Les Dieux te regardent. " La brune eut bien du mal à ne pas rouler des yeux. "Qu'Adruina me garde, je n'ai rien à ne me reprocher. "

Les rumeurs, bien plus que les véritables tromperies ou coups-bas, sont souvent l’ultime écharde dans le coeur faiblissant d’une relation qui peine à décoller. Whea l’avait vite compris : quand on veut remuer la merde, valait mieux le faire avec un bâton serti de pierres précieuses. Et pour qu’une rumeur s’envole comme une horde d’oiseaux migrateurs, il n’y avait qu’une seule solution : placer les bons mots dans les bouches les plus putrides de Mekiwah. Le but était simple : Magda Kom Azgeda devait être devenue une hérétique aux yeux moralisateurs de toute la bonne société, et ceci, avant que Whea elle-même ne rencontre la grenouille de bénitier qu’était la mère d’Eshan.  L’adolescente aurait bien demandé de l’aide aux mirages  qui la scrutaient prétendument depuis les cieux, mais elle n’avait pas assez de foi en réserve. De plus, rares étaient les Dieux qui bénissaient le mensonge et la discorde.  

Whea replaça distraitement l’opulent fer blanc qui cachait habituellement le creux de son cou; ce drôle de carcan lui donnait l’air d’un cygne. Elle n’idolâtrait point son reflet : qu’est ce qu’il y avait à voir, après tout, à part un embryon de belle fille estropiée ? Le plus intéressant était ce que l’on devinait ou plutôt, ce que l’on pensait deviner. Et de l’avis général, la jambe branlante, quille de bois, de Whea était une entaille suffisante à sa dignité pour y rajouter en plus une propension à la calomnie. De plus, elle était si humble, si sérieuse... Elle vénérait les Dieux avec une telle ferveur...Toute cette histoire était vraiment dommage.
Une question demeurait : qui allaient être ses oiseaux moqueurs ? Il lui fallait quelqu’un de profondément idiot mais aux lèvres gercées par le fiel : une alchimie désastreuse, somme toute. Sans chauvinisme exacerbé, il fallait admettre qu’il était bien rare de croiser de véritables idiots en ces terres enneigées. Les pauvres mourraient bien assez tôt. La sélection naturelle était une cruelle maîtresse, songea tranquillement Whea, alors qu’elle observait Sasha, la fille du tavernier, descendre la rue au pas de course avec une montagne de linge sur les bras. « Sasha ! » l’interpella la jeune femme, en levant la main. L’imbécile tourna frénétiquement la tête à gauche et à droite, comme s’il paraissait invraisemblable que quelqu’un veuille entamer une conversation avec elle. «  Oh, bonjour Whea ! » Elle fronça ses sourcils luisants de sueur. « Je peux te donner un coup de main ? » Sasha baissa les yeux vers sa jambe : le contraste entre son obséquiosité et son indiscrétion était amusant, bien que le masque de Whea ne reflétait qu’une bienveillance calculée. « Oh, je t’en prie, » reprit-elle, avant que l’ingénue n’ait pu piper mot. «Ce n’est qu’un peu de linge. Et personne ne nous verra. » En effet, en ces heures paresseuses, les rues du quartier est de Mekiwah étaient encore désertes.

Les idiots ont cet immense défaut de prendre pour acquis ce qu'ils pensent avoir compris. Et, fiers d'avoir arraché un juteux secret à des lèvres hésitantes, ils le propagent de manière irréversible. En quelques jours, tout le monde racontait que la future fiancée d'un des nobles les plus respectables de la ville vénérait la trinité maléfique que formaient Washuna, Wamyon et Wases. L'autre démon en W en aurait bien ri, si seulement elle ne devait pas mimer l'outrage, comme tous les bons artisans de Mekiwah qui aspiraient à mieux. Il ne fallait pas se voiler la face : chaque grand artisan, chaque grand marchand avait l'espoir un peu fou de marier un de ses enfants à la belle noblesse. C'était dans cet état d'esprit que Whea se trouvait aux côtés de Vukan, lui raide comme une statue de pierre brute, elle ravie et un sourire tranquille creusant une crevasse entre deux fossettes qui n'avaient rien à faire sur ce visage. Vukan la jaugeait d'un air à la fois agacé et méprisant; Whea avait toujours été amusée par son incapacité totale à masquer ses sentiments profonds. Le pauvre garçon ne savait pas faire semblant. Un jour ou l'autre, cela lui jouerait des tours, se disait-elle distraitement en avalant une gorgée de vin si rouge et épais qu'elle avait du mal à ne pas tout recracher. Oh, être une adulte fonctionnelle avait ses inconvénients, rien n'était moins sûr.

Des brises sauvages et un siècle de mésentente faisaient courir le bruit que les guerriers d'Azgeda ne savaient pas s'amuser : voilà qui était une accusation bien fallacieuse au yeux de la mine ingénue de Whea. Alcools, jeux de dés et d'argent, musiques et danses rythmaient le banquet donné en grande pompe par Amaraï, la matriarche en pénitence et Eshan, le fils tardivement marié. Et la gêne entre Amaraï et Magda était absolument hilarante pour la jeune adolescente, dont les yeux semblaient abriter un marécage tortueux sous les lumières des feux. Vukan n'était guère dans son élément. Lui qui préférait le silence, les démonstrations de force et les prières était bien mal engagé pour passer une bonne soirée. Il tentait à tout prix de fuir la conversation d'Amaraï, aussi séduite par sa digne posture que par ses prétendues illuminations. Le pauvre Vukan semblait totalement perdu et finit par quitter le banquet, prétextant un réunion tardive avec les officiers de la seconde garde. Whea ricana. Elle avait espéré que son frère s'en aille assez rapidement. Voilà qui était fait.

Magda s'installa au pied d'un instrument à cordes qu'elle commença à effleurer malgré les nombreux chuchotements. Whea l'admirait sans se l'avouer. Si elle avait été victime d'une telle calomnie, elle n'aurait probablement jamais osé se montrer ainsi en public. Mais c'était elle qui insufflait la discorde, ici bas. Elle recevrait son châtiment si quelqu'un le voulait. Amaraï avait l'air ivre morte et son fils la cherchait du regard. Il était temps d'entrer en scène. Amaraï, Eshan... Bonsoir. Quelle merveilleuse soirée. Je suis ravie que vous nous ayez invités; dommage que mon frère soit... un peu sauvage. Il faut l'apprivoiser; c'est un loup solitaire, ajouta t-elle d'un air tragique. Eshan s'éclipsa pour aller chercher du vin - bon garçon - tandis que sa mère s'extasiait sur le collier qu'elle portait au cou. J'ai tant entendu parler de vous. Vous êtes encore plus charmante que ce que laissait entendre Eshan... un hoquet mit terme à ses éloges. Vous travaillez avec votre père, c'est ça ? demanda t-elle en écarquillant ses yeux brillants, comme une pie curieuse. La brune esquissa un sourire modeste. Vous êtes trop aimable, Amaraï. C'est cela. Mon père m'a destinée à reprendre, un jour ou l'autre, son échoppe. J'espère lui octroyer, dans le futur, la grandeur que notre art familial mérite. La conversation était aisée; Amaraï était sympathique, en dépit de son allure austère. Elle lui demanda si elle était fiancée et manifesta avec effroi son étonnement lorsque Whea lui déclara que non. Celle ci renchérit en flattant son fils; un ami précieux et une muse quand il s'agissait de créer des armes destinées aux plus grands. Elle félicita la mère pour la future union; ce qui fut souligné par une grimace à peine dissimulé de la part de la mère. Whea cacha habilement son amusement. Je suis très déçue... Je souhaitais réellement m'entretenir avec votre frère. Ses longs bras de mante religieuse étaient agrippés à ceux de Whea : ils vibraient d'une force que seules les femmes d'un certain âge possédaient; la résistance de l'ultime heure, somme toute. J'en suis désolée... Vukan est très sensible. Vous savez, il aurait dû être druide. La décadence le répugne. Quelqu'un ou quelque chose a du lui inspirer méfiance. La cire qui pétrifiait les traits d'Amaraï coula comme de la lave le long de son cou décharné. Ne vous inquiétez pas, ce n'était certainement pas vous. Il priera de toutes ses forces pour la personne qui s'est aventurée sur le mauvais chemin. Quelques jours plus tard, le bruit courrait qu'Eshan kom Azgeda était de nouveau célibataire.

2157 - (( TUER LA MÈRE ))

Une occasion parfaite pour se débarrasser de sa mère se présenta à elle durant l'année de ses dix-sept ans, alors que tout semblait se dérouler à peu près correctement dans sa vie. Ce fut comme des fleurs pourries qu'on lui agitait sous le nez et dont elle ne pouvait se détourner sans étouffer; quand elle essayait d'échapper à la malsaine tentation, elle apercevait les yeux d'un démon putride et ensanglanté; se changer les idées lui était impossible; ne restait plus que la vengeance, pure et simple, protestation ultime d'une petite fille qui n'attendait que l'éclosion. Sale bourgeon, pétales de fiel.

Pour faire simple, sa mère avait contracté une pneumonie qui dura plusieurs semaines. Et Whea, aimable qu'elle était, s'était proposée afin de veiller sa mère; quoi de plus beau que l'amour mère fille, n'est-ce pas ? Alors qu'elle lui caressait les cheveux, lui assurait qu'elle serait rétablie pour le mariage - la promesse d'une union aussi honorable avait quelque peu apaisé l’inexplicable rancune qu'éprouvait Keshi envers sa fille -, elle glissait des mélanges hallucinogènes dans ses soupes, l'enduisait d'huile de cactus de San Pedro et autres joyeusetés. Seulement deux nuits claires suffirent à Keshi pour perdre pied. Paranoïaque et effrayée, elle accusa soudainement ses enfants de l'avoir empoisonnée, ses pauvres enfants, murmuraient les indigentes du coin, qui n'avait que cet unique scandale épineux à se mettre sous la dent. Keshi délirait tellement que son mari décida de l'envoyer chez sa sœur à Odjiwa, là où, fort ironiquement, sa propre fille s'était isolée une dizaine d'années auparavant. Si les Dieux existent, se sont de sacrés plaisantins, songea Whea en brûlant son stock de Rivea corymbosa. Il n'était pas aisé d'en dénicher, mais elle préférait faire profil bas pour l'instant : la mise à l'écart de sa mère la plaçait en première ligne pour hériter du commerce familial et nul ne pouvait l'ignorer.

2159 - (( LIENS DU SANG ))

A dix-neuf ans, Whea était une femme relativement chanceuse : jamais les factices fétiches n'avaient souhaité une union incestueuse et maladive avec l'un de ses frères, elle allait se marier avec un homme qui servait ses intérêts et sa famille proche était, malgré les nombreuses effusions de sang, vivante et de plus en plus influente. Et la jeune créature n'était autre que la tarentule au centre de leur toile de soie, irrésistible, tentatrice et impitoyable. Lors du printemps 2159, les druides approuvèrent son union avec Eshan. Elle dû attendre d'être seule dans son atelier pour laisser cours à son fou rire. Plus le temps passait et plus sa certitude que les Dieux n'étaient qu'une vaste bouffonnerie se renforçait. Malgré tout, elle restait sur ses gardes, un peu comme une enfant qui se méfie du monstre affamé dans la nuit opaque.

La cérémonie fut sobre, sans effusions d'émotions inutiles. Pour les multiples émeraudes glissant sur leurs silhouettes entrelacées, à la limite du cannibalisme tant elle sentait des météorites s'attarder sur sa jambe de verre, ce mariage n'était que volonté divine. A respecter, peu importe les sentiments que cet ordre céleste inspirait. Intérieurement, Whea jubilait, comme une enfant abandonnée qui recevait enfin toute l'attention qu'elle méritait. Elle tira profit de son influence fraîchement acquise pour offrir une place de garde au palais royal à Ordo, qui l'avait chaleureusement remerciée comme un petit chiot insouciant. Vukan et Edra n'étaient plus que des loups décharnés qui avaient bien du mal à contrecarrer leur sœur et ses folies, ainsi leur jour viendrait, où ils accepteraient enfin qu'il était bien plus de simple de se laisser emporter par le courant que de lutter.

2162 - (( ENTERRER LE PÈRE ))

Ce fut au chevet de leur père qu'Edra et Whea envisagèrent un paix durable et relative, au crépuscule même de la vie de l'homme qui avait tenté, durant toute leur existence commune, d'attiser leur amour fraternel. De cette velléité, ne restaient que quelques râles approbateurs alors que les deux sœurs se perdaient dans une étreinte fugitive. La mort du Paternel fut douloureuse et traîna en longueur, mais son sort fut scellé tragiquement, sans possibilité de salut : un ancien guerrier fou de chagrin, qui courrait après la vengeance comme un chien après une carcasse en décomposition, qui avait lacéré son estomac en guise de tribut pour sa participation active à la guerre d'Expansion. Whea aurait du s'en vouloir : c'était elle qui avait poussé son père à armer diverses factions des plus belles armes qui soient, à les doter d'épées, de haches et autres marteaux réputés "incassables." L'Expansion leur avait permis d'étendre leur commerce au-delà des frontières d'Azgeda. Ils étaient des rats, oui, des profiteurs. Mais des rats loyaux à la couronne. Et aujourd'hui, ce début d'empire lui revenait à elle. Certes, pas à elle seule, mais elle était de loin la plus féroce de sa fratrie et saurait commencer arracher à leurs lèvres chaudes les moindres protestations que ses adelphes pourraient émettre. Elle avait de grands projets et les mènerait à terme, avec, ou sans eux.

2164 - (( VENTRE FROID ))

Tu n'auras pas des enfants magiquement, Whea. murmura sa soeur. La vipère n'aurait jamais cru la voir arborer un air aussi inquiet et pourtant. Il faut que tu en parles à Eshan, poursuivit-elle, tout en nouant la corde de son arc. Il t'a juré fidélité et soutien, après tout. Whea observa ses doigts fins et agiles, délavés sous le soleil agressif, qui dansaient autour du fil distendu. Il a juré fidélité à la future mère de ses enfants. Mon ventre est si froid, Edra... Rien n'y poussera jamais. Elle marqua une pause, pensive. Nous avons intérêt à être légendaires, Eshan et moi. Edra, une fois de plus, roula des yeux en entendant les délires mégalo de sa benjamine. Un silence confortable s'installa paisiblement entre les deux sœurs : l'une polissait avec application le manche d'un poignard, si fin et aisé à prendre en main, destiné à la reine elle-même, cadeau obséquieux qui rappelait au bon souvenirs de leurs efforts conjugués pour la nation, tandis que l'autre ôtait une écharde de son arc. Tu n'as jamais pensé à faire appel à une mère porteuse ? Une fille d'Odjiwa, bien entendu, bien de chez nous, qui transmettrait les meilleurs gênes à vos enfants. Lorsque les mots de sa sœur avaient franchi ses lèvres, ils avaient provoqué un fracas dans les tympans de Whea, comme si un pianiste sourd avait martelé la note discordante de son instrument à plusieurs reprises. Mais au fil du temps, le propos germa dans son esprit, comme une ortie qu'elle ne parvenait pas à annihiler, qui se rappelait à elle lors de chaque étreinte, lors de chaque pleine lune, un peu comme un virus contagieux qui s'attaquait à chaque battement de cœur jusqu'à la rendre totalement abasourdie par la douleur.

Bien qu'elle fût récalcitrante à l'idée d'admettre définitivement son ultime faiblesse, elle dérouilla ses jambes tremblantes et profita de ses voyages d'affaires à travers les territoires alliés afin d'y croiser la marionnette qui serait leur salut. Mais, de l'avis de Whea, chaque femme ne sachant ni se battre, ni manier la verve, ni jouer d'un instrument était d'une médiocrité sans appel et ne valait pas la peine de lui accorder l'honneur d'une salutation et, bien entendu, encore moins de lui voler son enfant.

2168 - (( SERPENT ))

Point de honte lorsque l'on s'applique à faire comme si de rien n'était : ainsi, les nuits passèrent, laissant place à des solstices et à de nombreux été et Eshan ignorait toujours le secret de sa femme. Enterrer ce vide enfantin était bien plus simple étant donné que son guerrier n'avait, pour l'instant, émis aucunement le souhait d'avoir une descendance. Mais Whea savait pertinemment que ce jour arriverait; tôt ou tard, il lui demanderait pourquoi son ventre n'était pas aussi rond que la lune d'hiver et surtout, pourquoi elle ne semblait absolument pas s'en inquiéter.

Néanmoins, depuis quelques temps, Whea avait d'autres chats à fouetter que ce problème mineur. Isara. Elle avait des sentiments mitigés à propos de sa Reine qu'elle respectait bien entendu - il fallait bien feindre la dévotion lorsque l'on est amenée à fréquenter la cour royale - mais qui était en train de saccager, comme une voleuse de souvenirs, la grandeur passé de leur peuple. Ils étaient des dominants, des expansionnistes, des leaders. Ils n'étaient pas faits pour cohabiter avec le reste des clans; ils étaient faits pour régner, au minimum. Mais pour l'instant, Whea ne s'inquiétait pas; Isara était encore jeune et bien qu'elle fût sans doute infiniment plus sage et bénie par les Dieux que la brune, comprendrait bien vite le véritable destin des géants de glace. Le plus rapidement possible serait le mieux. Il ne manquerait plus que les lames qu'elle caressait avec tant de grâce ne finissent par être des instruments honorifiques. Quelle honte ce serait. Son pauvre père en aurait été malade.

 



Derrière l'écran


salut le people du net ! je m'appelle chloé et j'ai 20 ans. je suis passionnée par la SF en général, le dessin, la cuisine.... j'ai trouvé ce forum sur PRD et je confesse que franchement sympa !. je vis en aquitaine en france. je me connecterais régulièrement.


Dernière édition par Whea le Jeu 31 Mai - 20:16, édité 25 fois
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 16:15

Bonjour et bienvenuuuuuuue sur le forum
Une Azgeda! Ouiiiiiiii! Tu devines donc que je suis ton admin référente, donc si tu as la moindre question ou quelconque besoin ma boîte mp t'es ouverte. Je suis en pleins travaux en ce moment, mais je passe tout les jours le matin et le soir, donc je te répondrais sans soucis. Et si vraiment c'est vraiment vraiment urgent, les filles sont là pour toi (elles savent comment bien me harceler en cas de besoin xD)

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John Murphy




MESSAGES : 111

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 16:32

Bienvenue sur le forum, hâte de voir ton perso en jeu

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I'm fucked up, I'm black and blue. I'm built for all the abuse. I got secrets, that nobody, nobody knows.
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 16:52

@Isara Ouiii, une Azgeda merci la belle et bon courage pour les travaux

@John Murphy omg, un murphy, j'ai aussi hâte de lire tes rps
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100

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Elias Carter




MESSAGES : 90

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 16:56

Bienvenue sur le forum et bon courage pour la suite de ta fiche ! J'aime beaucoup le début !

_________________
Welcome to Earth kid
♛ by endlesslove.
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 17:07

@Elias Carter Merci à toi, ça me fait très plaisir que ça plaise
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Leader des 100

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Bellamy Blake




MESSAGES : 31

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 18:51

Bienvenue dans le coin petite Azegda
Ton avatar quoi une vraie badass dans killjoy
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 26 Mai - 19:40

@Bellamy Blake Je ne l'ai pas choisie pour rien Merci à toi
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ADMIN • Leader du Riskines

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Askari




MESSAGES : 77

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 3:25

Bienvenue à toi avec ce superbe personnage !

Eh bien elle n'a pas eu une vie facile la pauvre, ton début d'histoire donne vraiment envie de savoir la suite D'ailleurs j'aime beaucoup comment t'écris, surtout tes métaphores, comme celle-ci "banshee sur son beau cheval blanc"

Bonne chance pour la suite de ta rédaction

_________________
I can't pretend
that I ain't been through hell
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Leader des 100

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Clarke Griffin




MESSAGES : 188

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 6:39

Bienvenue à toi sur le forum

_________________
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 12:50

@Askari oh merci ça me met un peu la pression pour la suite

Ne t'inquiète pas, ça s'arrange un peu... enfin, ça dépend pour qui

@Clarke Griffin merci à toi
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Gardien • Bêta

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Egon




MESSAGES : 183

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 13:29

Bienvenue nouvelle Azgeda !
Ben dis, je n'ai pas encore lu ton histoire mais je suis déjà fan de ta plume créative aux multiples couleurs et diverses arabesques. J'approuve tellement ton choix de clan, Azgeda est une mine d'or cachée sous la neige ! Je suis ravie que ton choix se soi portée sur elle parce qu'on manque d'adeptes des glaces par ici Je te souhaite bon courage pour la suite et fin de ta fiche qui promet d'être aussi longue que passionnante ! T'as tellement d'inspi' que j'en suis sciée xD Au plaisir de lire tes futurs rp et, surtout, amuse-toi bien sur Jus Drein Jus Daun

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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 14:03

@Egon Ohlalla, quel beau message de bienvenue Merci beaucoup, ça motive énormément et ça me donne encore plus envie de vous pondre une belle fiche pleine de rebondissements
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Gardien • Bêta

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Egon




MESSAGES : 183

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 14:17

Ne te prive surtout pas, on est friands des rebondissements par ici

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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 14:25

J’essaierai de la faire encore plus machiavélique que prévu, alors
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Gardien • Bêta

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Egon




MESSAGES : 183

MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Dim 27 Mai - 14:50

Oh la la, mais tu vas nous faire un vrai démon Fais comme tu le sens surtout

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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Ven 1 Juin - 8:28




FÉLICITATIONS !




Ola! Désolée pour le retard, j'aurais du te valider hier mais je voulais avoir les idées claires pour le faire.
J'adore ta plume, ça me file des complexes, tu n'imagine même pas Tu as une histoire très complète, et c'est un sacré personnage que tu as créé là! Cependant, fais attention aux noms des Dieux, par exemple, en Azgeda, il n'y a pas la notion de diable ou de Dieux malfaisants. Voilà, sinon tout est bon. Et te voici validée forgeronne!


Bravo à toi petit scarabée ! Tu es validé. Le forum s'ouvre à toi officiellement, tu peux te lancer dans l'aventure les yeux fermés. Tu as accès à toutes les zones du forum, mais bien sûr, n'oublie pas de faire tes recensements avant d'aller faire de nouvelles rencontres. Il faut que tu recenses ton avatar pour ne pas avoir de jumeaux, ainsi que ton métier. Bien sûr, il y a les indispensables fiches de liens et de RP. Si tu as une question, n'hésite pas à envoyer un message privé à ton administrateur référent. D'ailleurs, c'est moi ton référent héhé.

Bon jeu sur Jus Drein Jus Daun et encore bienvenue !
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MessageSujet: Re: facile est la descente aux enfers (whea)   Sam 2 Juin - 10:06

@Isara merci je ferai attention à ces détails à l'avenir et ne t'en fais pas pour le retard qui n'en est absolument pas un, je pouvais pas me connecter hier de toute façon
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